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| Description du blog : | | Marre que politiques et médias vous prennent pour des cons? Alors venez, et ensemble, gueulons! |
| Date de création : | | 13.05.2008 |
| Dernière mise à jour : |
| 13.05.2008 | | | |
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| Posté le 13.05.2008 par Andrée Orange |
 Bonjour à tous!
Aujourd'hui en regardant les informations matinales, comme chaque matin, j'ai pu prendre connaissance de toutes les mauvaises nouvelles parues pendant que je dormais.
Parmi ces mauvaises nouvelles, la situation en Birmanie, qui tend plutôt à dégénérer.
Les aides matérielles passent la frontière au compte-gouttes, et toujours aucun espoir pour l'aide humanitaire, la plus importante.
On parle à présent de près de 100 000 morts éventuels, en comptant les personnes disparues depuis plus de 10 jours déjà.
Les sinistrés ne sont plus 1 mais bien 2 MILLIONS (comprenez 2 000 000 personnes, soient un 2 et six 0... ) et
la capitale nationale Yangon -ex Rangoon- n'existe plus. C'est un peu comme si Paris disparaissait sous l'eau pour toujours.
La grande question du moment est donc de trancher sur l'éventualité d'entrer en territoire birman sans permission officielle. Question qui mérite beaucoup de réflexion, de par les nombreux enjeux qu'elles comporte.
D'un côté, l'urgence et le niveau de gravité de la situation permettent de parler de la politique de la junte en termes de "crime contre l'humanité" -encore- ou de "non assistance à peuple en danger", et de par l'irresponsabilité flagrante du gouvernement, qui choisit de prendre son peuple en otage, la solution d'entrer par la force a beaucoup de sens.
Seulement il faut aussi prendre en compte ce qu'une telle action impliquerait: un second massacre de masse. Ca ne résoudrait rien, bien au contraire.
Alors que faire? Attendre placidement que la Junte change d'humeur? Oui mais les populations pendant ce temps-là? Et moi, parisienne qui galère à Paris, qu'est-ce que je puis bien faire face à cette situation qui ressemble à une impasse?
Parler c'est agir, comme écrire d'ailleurs.
Une poignée de profonds ignorants maîtrise toute la population birmane. Pour que leur manège continue à tourner, il leur faut l'alimenter. Il leur faut de l'argent pour faire tourner le pays et jouir de leur position ultra privilégiée.
D'où provient cet argent?
De NOS poches.
Le groupe français TOTAL-FINA -pierre angulaire de notre cher CAC40- est parmi les plus importants groupes pétroliers de la région. Beaucoup sont partis, mais les français non, ils le disent d'ailleurs sur leur site officiel.
C'est vrai, pourquoi partir alors que le gâteau grossit au fur et à mesure que les autres s'en vont?
Et puis c'est vrai qu'une catastrophe telle que celle du cyclone Nargis, c'est quand-même une occasion en or. Peut-être quelques infrastructures endommagées, mais surtout BEAUCOUP MOINS de transparence (et c'était déjà bien opaque avant) dans les zones d'extraction. Ben oui, les médias, les gens, tous ont l'attention rivée sur le sort des victimes.
Quand le chat n'est pas là les souris dansent, et pompent.
L'essence que nous mettons dans nos voitures chaque jour -enfin, plus trop depuis que la crise économique nous est montée jusqu'à la gorge!- provient en partie de Birmanie.
Le gaz que nous utilisons dans nos maisons provient en partie de Birmanie.
En achetant ces énergies fossiles, nous contribuons à la prospérité du groupe TOTAL-FINA.
En contribuant à la prospérité du groupe TOTAL-FINA, nous les finançons, nous leur fournissons l'argent qui leur sert à continuer leurs activités à travers le monde.
Et comme TOTAL-FINA travaille en collaboration avec la junte birmane -puisque le groupe achète les ressources birmanes- acheter les produits TOTAL-FINA revient à financer -indirectement, certes, n'empêche que l'argent afflue quand-même dans ce sens- le régime birman.
Personnellement je dois avouer que ça, ça me pose un problème.
Pour une fois, je n'arrive pas à me dire que c'est pareil pour un tas d'autres pays exportateurs de ressources naturelles.
Je n'y arrive pas parce que cette fois, on parle d'une catastrophe naturelle, et de millions de personnes qu'on laisse mourir après cette catastrophe.
C'est un peu comme la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Je ne peux plus ne pas m'y intéresser de près.
Que reste t-il à faire donc:
-BOYCOTTER TOTAL-FINA, ce qui n'est pas si difficile que ça, vu les prix inaccessibles qu'affichent leurs stations en ce moment...
-faire remonter une volonté nationale d'arrêt des activités de TOTAL-FINA en Birmanie AU MOINS tant que les aides internationales ne seront pas entrées totalement dans le pays.
Et pour tous ceux qui commencent déjà à penser que c'est impossible, et bien... peut-être qu'ils devraient songer au suicide.
Oui oui, j'ai bien dit SUICIDE.
Pourquoi? Parce que, si à chaque fois que quelque chose va de travers, à chaque fois que le monde se détériore un peu plus, si à chaque fois que les choses vont dans le mauvais sens on ne fait JAMAIS RIEN pour y remédier, de quelque manière que ce soit, mais... pourquoi vivre? Pourquoi tenir à vivre dans un monde de merde qui restera indéniablement de merde jusqu'à la fin des temps?
Pour mener sa petite vie tranquille dans son coin, et pas se faire emmerder? Chacun pour sa gueule?
Mais non, c'est... stupide, de penser qu'une telle option de vie soit réalisable. Ca l'était sûrement à l'époque de nos parents, mais ça ne l'est plus aujourd'hui.
Si l'on se contente de prendre pour exemple le réchauffement climatique, les choses sont tout de suite plus claires:
le réchauffement climatique est un phénomène qui n'a PAS DE FRONTIERES (contrairement à nous les hommes).
Vous pensez au tsunami de 2005, ou à Nargis il y a quelques jours, et ça vous paraît loin.
Mais pensez à Katrina, ou même à la canicule de 2003. C'est déjà plus... concret, n 'est-ce pas?
Sachez que c'est du MEME phénomène dont il s'agit.
Sachez que ça nous touche tous, et que ça nous touchera tous, de plus en plus, et de plus en plus fort.
C'est vrai que dans notre cas, on peut être tenté de se dire: "Oui mais moi je vis dans un pays développé, riche, donc je ne risque pas ce genre de problème".
Le VRAI problème, c'est qu'on a trop tendance à penser -inconsciemment bien sûr- que les birmans ne sont pas des êtres humains comme nous.
En fait on a souvent trop tendance à se croire civilisé, et à se comporter en véritable primitif.
Le problème birman n'est peut-être pas encore le vôtre, mais si l'on continue à fermer les yeux sur cette situation, et qu'on adopte cette ligne de conduite à l'avenir, il pourrait le devenir.
Ben oui, ce n'est pas parce que M. Hortefeux monte la garde à nos frontières que les réfugiés climatiques vont nous épargner. Plus on s'en foutera, et plus ils seront nombreux à arriver chez nous, car ils n'auront plus rien à laisser derrière eux, et plus rien à perdre non plus!
C'est une ingénuité que de croire qu'on peut encore échapper à la mondialisation. C'est faux, on ne peut pas.
Alors autant amorcer le premier pas vers l'Action dès à présent.
La Birmanie ne résoudra pas tous les dysfonctionnements de la planète, mais si nous, le peuple français, nous décidons de prendre conscience de CETTE CAUSE, on aura agi, on aura contribué à l'amélioration du bien-être de l'humanité.
On aura contribué à l'amélioration de notre propre bien-être en fait.
Et ça... ben c'est cool je trouve.
Et puis ça peut donner la motivation pour faire un pas supplémentaire, s'engager dans UNE nouvelle cause.
Le débat est ouvert.
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